4. Les 12 travaux de l'implication et la méthode REPI
En une phrase
En tant qu'animateurice, 12 attentions simples vous permettent de favoriser l'implication durablement
Description
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Pour prendre en compte les différents types de membres d'un groupe (actifs, proactifs,...), il faut avoir conscience que cette typologie correspond à une posture, à un niveau d'implication dans un projetspécifique : cela ne définit pas les personnes en tant que telle. La plupart des gens sont proactifs ou actifs dans certains groupes, observateurs ou inactifs dans d'autres.
Cette posture peut évoluer et il est important de permettre cette évolution et l'oxygénation de groupe. Le rôle d'un.e animateur.ice est de faciliter l'implication et donc la circulation sur cet escalier : pouvoir monter facilement (s'impliquer plus) mais aussi descendre (diminuer son implication voir sortir du groupe).
La présence ou non d'une animation dans un groupe peut déjà en tant que telle faite évoluer les ratios d'implication, et une 1ère façon de favoriser l'implication est d'augmenter la taille du groupe (si 1O% de réactifs et de proactifs, plus il y a de personnes dans un groupe plus il y a de chance d'avoir des pro-actifs et réactifs). Les observateurices et inactif.ives sont difficiles à distinguer : comme ielles ne répondent pas, on peut avoir tendance à ne plus leur envoyer les infos. Cela les empêche de monter sur l'escalier.
Les 12 travaux de l'implication
Pour favoriser l'implication, une douzaine de tâches peuvent servir d'aide-mémoire à l'animateurice :
- 1. Prendre soin des réactifs car ils peuvent être les proactifs de demain. Les proactifs d'aujourd'hui finiront par se désimpliquer. La question n'est pas "si", mais "quand" ils vont se désimpliquer. Pour anticiper le renouvellement de forces vives dans le groupe, l'animateur.ice peut aller chercher les réactifs par petite touche, par exemple en leur donnant l'occasion de s'exprimer en dehors des réunions, lors de temps moins formels, anonymement (boîtes à idées ouvertes, questionnaire en ligne...) ou en les sollicitant directement pour une petite action, ou pour une aide ponctuelle. Le principal est de les accompagner dans leurs 1ers pas d'implication. Comment faire ? Prendre le temps de leur demander ce qui les motive/freine, ne pas rester qu'entre proactifs, faire particulièrement attention à leurs leviers de motivation et freins.
- 2. Rencontres régulières Pour être vivant, le groupe doit nécessairement se réunir régulièrement que ce soit en présence ou à distance (apéros, AG,...). Cette régularité prouve au groupe qu'il est en vie. Cette régularité dépend des groupes, ce peut être une fois par an pour les adhérents à une association (assemblée générale), une fois par mois pour un conseil d'administration, etc. Acter une régularité de rencontre permet surtout de déceler des dysfonctionnements : si quelqu'un ne vient plus, si les rencontres s'espacent et finissent par ne plus se faire au rythme minimum définit par le groupe, c'est un signal qui doit nous alerter quant à la vitalité du projet.
- 3. Échanges entre les rencontres pour entretenir la dynamique à distance, que ce soit par des outils numériques instantanés (mattermost, rocketchat, slack), asynchrone (mailing list), etc. Cela permet également aux personnes qui n'ont pas pu être présents à la dernière rencontre de se sentir appartenir au groupe ne serait-ce que pour assister aux échanges.
- 4. Un espace de partage peut aider les observateurices à devenir réactif.ves. Ces espaces de partage peuvent prendre la forme d'une gare centrale donnant accès à toutes les informations liées à la vie du collectif afin de pouvoir raccrocher les wagons en cas d'absence, donner envie de participer en consultant les comptes rendus et photos des rencontres, favoriser la prise de rôle en donnant accès à des documents facilitants (textes de présentation pourra aider à présenter le projet à son entourage par exmple). Pour aller plus loin, vous pouvez consulter la vidéo sur la notion de = gare centrale.
- 5. Des flux d'informations entretenus et réguliers sont indispensables pour permettre à chacun.e de se tenir informer et, le cas échéant, d'avoir connaissance des prochaines échéances, des chantiers en cours, etc.
- 6. Accueillir les nouvelles est un incontournable pour garder les portes du projet/groupe ouvertes pour un renouvellement naturel des forces vives. Les personnes impliquées aujourd'hui dans votre projet finiront par se désimpliquer. Il faut donc anticiper le renouvellement. Quelques questions à se poser pour se mettre dans la peau d'un "nouveau". Un nouveau a-t-il accès aux informations ? Ces infos sont-elles synthétisées et rendues compréhensibles pour une personne qui n'est pas dans le quotidien du projet ? Existe-t-il des réunions dédiées aux nouveaux ? (une "session de rattrapage", une réunion notre projet "pour les nuls" etc...) Bref, un temps où ils se sentent autorisés à venir et poser toutes les questions de néophytes. Existe-t-il des tâches simples et accessibles pour des personnes peu impliquées ? Cela permettrait de franchir une 1ère étape dans l'implication. La première impression est déterminante et se sentir accueilli est indispensable à toute implication future. Mais de façon générale, cela consiste à travailler le parcours d'implication : personnes extérieures > observateurs > réactifs > proactifs
- 7. Accompagner la désimplication : "merci pour tout ce que tu as fait, tu nous manqueras... et au fait, pourquoi pars-tu ?"". Il est normal que les personnes se désimpliquent et s'éloignent tôt ou tard d'un projet. Cela se fait parfois "en douceur" (déménagement, famille, construction d'une maison...). Mais cela se fait parfois avec des frictions : le syndrome EPM (Et Puis Merde) illustre en quoi une personne peut soudainement partir en claquant la porte. Le risque est alors l'effet "contagion" de cette attitude ; "C'est pas mon problème" est un autre mécanisme, où les personnes restent "mobilisées" (souvent via un contrat de travail, un ordre direct de leur chef-fe) mais ne sont plus "impliquées". Dans tous les cas, lorsque l'animateur-ice du projet repère une désimplication, il sera toujours sympa de remercier la personne et utile de lui demande "pourquoi". Les collectifs ne le font pas forcément mais les retours d'expériences sont souvent enrichissants et ils alimentent la manière d'accueillir dans le collectif. Par ailleurs, le collectif a intérêt à expliciter la possibilité de sortie et son process en fonction de son niveau d'implication : rien à faire si observateur, information et passage de relai si actif ou réactif...informer le CA ? faire un e-mail commun, célébration de départ lors d'une réunion... + désincription aux outils d'échange, etc...
- 8. Formaliser sa raison d'être. La raison d'être du collectif doit être formalisée, partagée vis à vis de l'extérieur et requestionnée régulièrement par le collectif. Cela permettra aux personnes de savoir à quoi s'attendre, potentiellement d'avoir plus facilement envie de s'impliquer grâce à une bonne compréhension du collectif, et limitera les conflits possibles lorsque la raison d'être est floue.
- 9. Co-concevoir le cadre : la charte, les productions, la gouvernance, les projets, doivent être co-construits par ses parties prenantes. Cela permet à chacun.e de se econnaître dans le collectif, de s'y sentir légitime et de comprendre l'intention des différents cadres collectifs qui le régissent...
- 10. Rendre visible des lieux d'implication variés. Il s'agit de donner à voir les tâches à faire et les temps de rencontre, même aux personnes extérieures ou inactives, afin qu'elles puissent se projeter. Il est important de disposer d'une gradation variée de tâches, de la plus rapide à la plus longue, et de la plus simple à la plus complexe. Ainsi, chacun.e peut trouver une forme d'implication à sa mesure peu importe son niveau de qualifications, de connaissances de l'association et son temps disponible. Il peut s'agir de lister les temps de réunions et leur fonction ou encore de lister les tâches, notamment les plus simples qui permettraient à des nouveaux de faire un 1er pas dans leur implication (on peut les classer par temps nécessaire par exemple). C'est le Premier Petit Pas Possible (PPPP). Ces exemples peuvent évidemment être déclinés en numérique.
- 11. Célébrer et remercier : cela permet de rendre visible le groupe à lui-même et ses réalisations à l'ensemble de ses membres. Il s'agit de valoriser les personnes, le temps passé... et de regonfler les égos ! Il peut s'agir de temps convivaux dédiés, de panneaux répertoriant les derniers accomplissements, etc. Il s'agit d'éviter que les temps de rencontre et les moments de notre emploi du temps dédiés au projet ne deviennent que des choses à faire, des problèmes à résoudre, etc. Le risque est de ne plus voir que les choses avancent et ne pas suffisamment prendre conscience du plaisir pris à s'impliquer dans le groupe.
- 12. Identifier les motivations et freins des membres. Cela vous permettra de mettre en place des choses permettant aux personnes de s'impliquer plus ou dans de meilleures conditions.
Attention à l'effet contagion, c'est à dire quand une personne ose sortir et que tout le monde en profite pour la suivre. Cette situation montre qu'il y avait un problème en amont. Important de prendre soin du groupe tout au long du projet et de favoriser une circulation saine des gens au fur et à mesure.
Idem quand quelqu'un a rué dans les brancards et qu'une petite révolution arrive sans prévenir : il est important de prendre soin tout au long du projet pour prévenir et éviter la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Ce qu'il faut retenir c'est qu'il est important de s'assurer que l'ensemble des 12 travaux soit réalisé... mais pas forcément par l'animateur.ice ;-)
Les 12 travaux de l'implication
Les 4 activités REPI
Publié O/N (dans le bocal à bonbon)
Non
Doublon
C