Cette vidéo, au ton très scénarisé, est assez révélatrice de certains comportement de conformisme, auquel on peut difficilement résister. A ne pas prendre au pied de la lettre, mais juste en tant que question à se poser dans les groupes auquels nous appartenons :-)
Questionnaire FING "Comprendre par vous-même ce qui se passe dans votre groupe"
La première version de ce questionnaire a été réalisée par le groupe Intelligence de la Fing en 2007 animé par Jean-Michel Cornu. Il a ensuite évolué dans le cadre des formations Animacoop et cooptic d’Outils Réseaux et du groupe des animateurs de groupes.
Il aborde les dynamiques internes aux groupes en 12 parties, avec autant de questions à se poser :
Conditions de réussite
Pour assurer le succès d’une telle démarche, l'animateur·rice rappelle les règles. Les participant·e·s apportent leur aide dans un esprit bienveillant et sans "juger". Cet exercice requiert de la part des utilisateurs·rices une attention aux autres. Ne pas faire d'intervention trop longue.
Origine de l'outil
Cette méthode dérive de l'entrainement mental créé pendant la guerre 39-45 par Joffre Dumazedier et développé ensuite par le mouvement d'éducation populaire "peuple et culture".
Elle est utilisée un peu différemment dans le cadre de l'analyse de pratique professionnelle.
Une méthode par étape
Étape 0 : préparation (5 min.)
Au début de la rencontre, le groupe doit choisir :
un·e exposant·e, qui présente sa situation-problème : il est conseillé qu'elle prépare sa question en amont à partir de sa réflexion sur ce qu’elle vit comme difficulté dans sa pratique professionnelle.
un·e animateur·rice : gardien·ne de la méthode, du timing, assure le bon déroulement.
un·e secrétaire qui prendra les notes (ou fonction partagée sur pad)
Étape 1 : exposé de la problématique ou de la situation (5 min)
La personne qui a accepté de soumettre son problème expose le plus clairement possible la situation et son contexte. Elle exprime ensuite la façon dont elle définit le problème. Les autres membres de l’équipe écoutent. . Cette étape se termine de la part de l'exposant par : (je souhaite que le groupe m'aide à...)
Étape 2 : clarification de la problématique (5 min)
Les membres du groupe formulent les questions pour bien cerner la situation. Ils·elles doivent, à cette étape, s’en tenir à des questions d’information factuelle (meilleure compréhension du contexte par exemple). La personne qui a exposé sa situation apporte les précisions ensuite.
Étape 3 : contrat - reformulation de la question (1 min)
La personne qui a exposé sa situation précise clairement ce qu’elle attend des autres membres du groupe. (je voudrais que le groupe m'aide à ....)
Les autres membres du groupe interviennent : donnent leurs impressions, réactions, interprétations... Ils·elles proposent une façon de voir autrement la situation. Ils·elles peuvent faire des suggestions pratiques ou donner des conseils. La personne qui a exposé sa situation écoute et s'engage à ne pas intervenir. Elle a tout intérêt à noter par écrit ce qui lui paraît pertinent de retenir.
Étape 5 : Synthèse et plan d’action (5–10 min)
La personne qui a exposé sa situation prend quelques instants pour finaliser en mini plan d'action des remarques exprimées par les membres du groupe (une synthèse personnelle de ce qu’elle retient). Pendant ce temps , les autres participant·e·s notent les idées et remarques qui peuvent leur être utiles dans leurs projets (idées transversales etc)
Après ce temps d'écriture, la personne qui a exposé sa situation présente son plan d'action, indique la façon dont elle entend donner des suites. Les autres membres du groupe n’ont pas à discuter des choix de la personne ou de son plan d’action ; ils·elles se comportent plutôt comme des témoins du cheminement de cette personne ; ils·elles peuvent exprimer leur soutien et leur encouragement.
Étape 6 : Évaluation et intégration des apprentissages, vécu (5 -10 min)
Pour fermer correctement la rencontre, il convient de faire un retour sur ce qui s’est passé. La personne qui a demandé de l’aide peut exprimer son vécu ; le groupe peut évaluer sa façon de procéder et, au besoin, y apporter des correctifs pour la prochaine rencontre. Il est conseillé de prendre quelques minutes pour noter individuellement ce que chacun·e retient de cette rencontre.
Rendre le groupe visible à lui-même
Rendre le groupe visible à lui-même
En une phrase
Pour faire monter le niveau de conscience collective
Type de fiche
Astuces
Thématique concernée
Dynamiques des groupes
Regroupement
Notion du Module 3
Description
Afin de faire monter niveau de conscience d'un groupe, on peut utiliser quelques trucs, par exemple
travailler sur une identité commune (logo, réfléchir à des intitulés de sous-groupes, de commissions...)
montrer les points communs ET la diversité au sein du groupe
rendre visible les communs
Exemple pour un groupe de profesionnel·le·s de l'animation de groupe, dont les membres ne se connaissent que partiellement
En une phrase
Pas de coopération sans inter-connaissance
Type de fiche
Astuces
Thématique concernée
Dynamiques des groupes
Partage et circulation de l'information (en présence)
Regroupement
Notion du Module 3
Description
Ne pas oublier que prendre le temps de faire connaissance (par des présentations, des jeux ou des temps informels – repas, balades, ateliers de création...) est un préalable indispensable à la coopération.
L'interconnaissance pourra ensuite mener à la confiance et à la créativité.
Les jeux de coopération et/ou d'interconnaissance permettent de mieux connaître les fonctionnements des autres membres du groupe :
Ressouce CC-BY-SA Auteures : Sarah Gaucher, Alice Oschner, Cré-sol
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Non
Doublon
F
Impliquer : du bon usage du Français
Impliquer : du bon usage du Français
En une phrase
On "n'implique" pas une personne. Au mieux, on peut "travailler sur les conditions de son implication"
Type de fiche
Concepts
Thématique concernée
Implication
Regroupement
Notion du Module 3
Description
En Français, le verbe "impliquer" n'a que 2 sens :
1/ Engager : Ex Se trouver impliqué dans une affaire désagréable.
2/ Avoir pour conséquences : Ex un déjeuner chargé implique une digestion lourde
Utiliser impliquer en tant que "Faire participer" (Ex on a impliqué les citoyens dans la concertation) est un usage impropre.
Plus précisément, on "n'implique" pas une personne...
soit on la mobilise (parfois avec des moyens contraignants : pression, force, contrat de travail)
soit elle s'implique
Le rôle de l'animateur·rice est alors de travailler sur les conditions de l'implication de cette personne
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Non
Doublon
D
Motivations, freins, seuil d'implication
Motivations, freins, seuil d'implication
En une phrase
3 axes : repérer les sources de motivations, diminuer les freins et abaisser le seuil du passage à l'acte
Type de fiche
Concepts
Thématique concernée
Implication
Regroupement
Notion du Module 3
Description
Le rôle de l'animateur·rice est de jouer sur 3 éléments afin de susciter l'implication
1- Les motivations principales pour s'impliquer dans un groupe sont (de façon non-exhaustive !)
La reconnaissance (par les pairs, par les leaders...)
il convient alors de valoriser les contributeurs par des mécanismes qui apporte de la reconnaissance
l'animateur·rice doit être capable de maîtriser son besoin de reconnaissance
L'utilité du groupe, sa raison d'être
L'apprentissage : la personne sait/sent qu'elle peut apprendre des choses
Le sentiment du travail bien fait
Le plaisir, le fun
Le retour sur investissement
2- Les freins principaux à l'implication sont :
Le manque de sécurité (personnelle, professionnelle...). Pour cela on peut travailler le "cadre de sécurité" (continuité des accords de groupe)
Le manque de confiance (dans le groupe, en soi)
La peur de ne pas pouvoir se désengager : il faut alors
Montrer clairement les portes de sorties / de désengagement
Poser ses propres limites
Faire valoir la règles des 2 pieds : si je n'apprends rien ici, si je donne/transmet rien ici, alors je suis libre de partir (sur mes 2 pieds)
Outils trop complexes
Sujets trop complexes
Pas assez de temps
Perte de légitimité, ou de pouvoir
Manque de convivialité, temps trop "sérieux"
3- Le seuil d'implication doit être le plus bas possible pour permettre le passage à l'acte, par exemple
en gardant des tâches simples, pour intégrer des nouveaux (Keep It Simple and Stupid)
en étant réactif·ive : si une personne fait preuve d'intérêt, il faut répondre tout de suite !
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Non
Doublon
B
Prendre soin des réactifs·ives
Prendre soin des réactifs·ives
En une phrase
Car ce sont les proactifs·ives de demain ! (anticiper le renouvellement des membres)
Type de fiche
Astuces
Thématique concernée
Implication
Regroupement
Notion du Module 3
Description
Les proactifs·ives d'aujourd'hui finiront par se désimpliquer. La question n'est pas "si", mais "quand".
Pour anticiper le renouvellement de forces vives dans le groupe, l'animateur·rice peut aller chercher les réactifs par petite touche, par exemple
en leur donnant l'occasion de s'exprimer :
en dehors des réunions, lors de temps moins formels
anonymement parfois (boites à idées ouvertes, questionnaire en ligne...)
en les sollicitant directement pour une petite action, ou pour une aide ponctuelle
...
Le principal est de les accompagner dans leurs 1ers pas d'implication
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Non
Accueillir les nouveaux·elles
Accueillir les nouveaux·elles
En une phrase
Garder les portes du projet/groupe ouvertes pour un renouvellement naturel des forces vives
Type de fiche
Astuces
Thématique concernée
Implication
Regroupement
Notion du Module 3
Description
Les personnes impliquées aujourd'hui dans votre projet finiront par se désimpliquer. Il faut donc anticiper le renouvellement. Quelques questions à se poser pour se mettre dans le peau d'un·e "nouveau·elle" :
Un nouveau a-t-il accès aux informations ? Ces infos sont-elles synthétisées et rendues compréhensibles pour une personne qui n'est pas dans le quotidien du projet ?
Existe-t-il des réunions dédiées aux nouveaux·elles ? (une "session de rattrapage", une réunion notre projet "pour les nul·le·s" etc...) Bref, un temps où ils·elles se sentent autorisé·e·s à venir et poser toutes les questions de néophytes.
Existe-t-il des tâches simples et accessibles pour des personnes peu impliquées ? Cela permettrait de franchir une 1ère étape dans l'implication.
De façon générale, cela consiste à travailler le parcours d'implication : personnes extérieures > observateurs·rices > réactifs·ives > proactifs·ives
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Non
Rendre visible les espaces d'implications
Rendre visible les espaces d'implications
En une phrase
Donner à voir les tâches à faire et les réunions
Type de fiche
Astuces
Thématique concernée
Implication
Regroupement
Notion du Module 3
Description
cela consiste par exemple à
lister les temps de réunions et leur fonction
lister les tâches, notamment les plus simples qui permettrait à des nouveaux de faire un 1er pas dans leur implication. C'est le Premier Petit Pas Possible (PPPP)
Puis donner à voir ces espaces d'implication, par ex
une liste de tâches à faire, nécessitant des compétences variées (tailler les arbres, faire une liste des producteurs de la vallées)
une liste de tâches à faire organisées dans le temps : une frise chronologique sur l'année
une liste de tâches à faire organisées selon le temps disponible de la personne
Ces exemples peuvent évidemment être déclinés en numérique.
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Non
Accompagner la désimplication
Accompagner la désimplication
En une phrase
Merci et... au fait, pourquoi pars-tu ?
Type de fiche
Astuces
Thématique concernée
Implication
Regroupement
Notion du Module 3
Description
Il est normal que les personnes se désimpliquent et s'éloignent tôt ou tard d'un projet. Cela se fait parfois "en douceur" (déménagement, famille, construction d'une maison...), ou parfois avec des frictions :
le syndrome EPM (Et Puis Merde) illustre en quoi une personne peut soudainement partir en claquant la porte. Le risque est alors l'effet "contagion" de cette attitude.
"C'est pas mon problème" est un autre mécanisme, où les personnes restent "mobilisées" (souvent via un contrat de travail, un ordre direct de leur chef·fe) mais ne sont plus "impliquées".
Dans tous les cas, lorsque l'animateur·rice du projet repère une désimplication, il sera toujours :
sympa de remercier la personne
utile de lui demande "pourquoi"
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Non
Passer d'une logique d'intention à une posture d'attention
Passer d'une logique d'intention à une posture d'attention
Type de fiche
Concepts
Thématique concernée
Posture de l'animateur-ice
Regroupement
Notion du Module 3
Description
En intention, le coordonnateur·rice prévoit dès le début les objectifs, les résultats à atteindre, le déroulement du projet, le calendrier, le budget... c'est la méthodologie de projet traditionnelle.
En attention, l'animateur·rice
crée des situations coopératives (faire se rencontrer les personnes, faire en sorte qu'elles se présentent, qu'elles puissent échanger...),
doit faire émerger les besoins collectifs
doit être ensuite réactif·ive pour que ce qui a émergé de la situation coopérative puisse déboucher sur des projets, des actions, du travail coopératif
C'est la méthodologie de projet coopératif
L'animateur·rice doit apprendre à...
mettre ses idées de côté
privilégier l'écoute et l'observation
être concentré·e sur le processus plutôt que sur le résultat
Publié O/N (dans le bocal à bonbon)
Non
Type de membres et ratio d'implication
Type de membres et ratio d'implication
En une phrase
Votre projet comporte des proactifs, des réactifs, des observateurs et des inactifs
Type de fiche
Concepts
Thématique concernée
Implication
Regroupement
Notion du Module 3
Description
Les "proactifs·ives" qui prennent des initiatives sont entre un et quelques pour cent.
Les "réactifs·ives" qui réagissent lorsqu'on les sollicite sont entre dix et quelques dizaines de pour cent.
Certain·e·s sont des "observateurs·rices", suivent les travaux du groupe, les utilisent pour eux·elles, même s'ils·elles ne participent pas.
D'autres sont inactifs·ives.
Vu de notre place d'animateur·rice, la difficulté est qu'on ne peut pas faire la différence entre les observateurs·rices et les inactifs·ives, puisque ni l'un·e ni l'autre ne donne signe de vie. Par contre, en facilitant son implication, on pourra permettre à un·e observateur·rice de basculer dans l'action et de devenir réactif·ive.
Ainsi, il y a toute une gradation dans les rôles plus ou moins actifs que peut prendre un·e participant·e, lui permettant de s'impliquer de plus en plus... ou de moins en moins.
Contenu CC-By-SA, auteur Jean-Michel CORNU (source), modifications par Nicolas GEIGER.
Publié O/N (dans le bocal à bonbon)
Non
Doublon
A
Maturité des groupes
Maturité des groupes
En une phrase
Groupe enfant, adolescent, adulte...et cri de l'animateur-ice
Type de fiche
Concepts
Thématique concernée
Posture de l'animateur-ice
Dynamiques des groupes
Regroupement
Notion du Module 3
Description
Un groupe évolue suivant différents niveau de maturité.
Lorsque le groupe est enfant, c'est avant tout l'animateur·rice qui prend les initiatives (on parle alors de "dictateur bienveillant").
Dans cette phase, le cri typique de l'animateur·rice est "C'est moi qui fait tout !"
Au bout de 18 mois à deux ans (parfois plus pour des groupes "Tanguy" qui restent très longtemps dans le giron de l'animateur·rice), le groupe devient adolescent. Certain·e·s cherchent alors à prendre des initiatives et cela se fait au début contre l'animateur·rice. Ils·elles adoptent alors un rôle de "leader négatif·ive". Cette période, parfois dure à vivre pour les groupes comme pour les humains, est fondamentale car elle ouvre la porte à l'appropriation du groupe par ses membres. Pendant cette période, il est difficile souvent pour l'animateur-ice de se justifier voire de protéger le groupe d'un·e leader négatif·ive qui en allant trop loin, met en péril le groupe.
Dans cette phase, le cri typique de l'animateur·rice est "Ils·elles font n'importe quoi !"
Dans la phase suivante, le groupe devient adulte. Suffisamment de membres se sont appropriés le groupe et sont même prêt·e·s à le défendre. Il ne sert à rien de griller les étapes, pour un groupe comme pour un humain, il faut passer par les différentes étapes. Vouloir constituer un groupe adulte de toute pièce dès le départ pourrait s'appeler le "syndrome de Frankenstein"...
Dans cette phase, le cri typique de l'animateur·rice est "Mais à quoi je sers ?"
Parfois le groupe devient sénile. Il peut alors mourir mais peut-être a-t-il essaimé en donnant naissance ou en inspirant d'autres groupes, s'assurant ainsi une descendance.
La maturité d'un groupe peut aussi être traitée selon l'axe coopération/collaboration :
La démarche coopérative est plus structurée et encadrante. L'animateur·rice organise et "contrôle" le travail. Ce type de travail convient davantage au "groupe-enfant";
La démarche collaborative est plus souple et les membres du groupe disposent de plus de liberté, Elle convient davantage au "groupe-adulte".
Publié O/N (dans le bocal à bonbon)
Non
Doublon
H
Du·de la dictateur·rice bienveillant·e au·à la fondateur·rice-fossoyeur·euse
Du·de la dictateur·rice bienveillant·e au·à la fondateur·rice-fossoyeur·euse
En une phrase
Du risque de ne pas travailler sur l'implication et le renouvellement
Type de fiche
Concepts
Thématique concernée
Posture de l'animateur-ice
Regroupement
Notion du Module 3
Description
S'il est normal que l'animateur·rice assume un côté "dictateur bienveillant" lorsque le groupe/projet est au stade "enfant (voir la fiche "maturité des groupes"), cette posture doit s'atténuer au fil du temps sous peine de se transformer en "fondateur·rice-fossoyeur·euse" : c'est à dire la personne, souvent charismatique et visionnaire, qui a rendu le groupe/projet tellement dépendante d'elle que tout s'écroule le jour où cette personne part.
Publié O/N (dans le bocal à bonbon)
Non
Doublon
G
Les 4 activités R.E.P.I
Les 4 activités R.E.P.I
En une phrase
Nourrir les proactifs·ives, les réactifs·ives, les observateurs·rices et mêmes les inactifs·ives !
Type de fiche
Concepts
Thématique concernée
Partage et circulation de l'information (à distance)
Partage et circulation de l'information (en présence)
Regroupement
Notion du Module 3
Description
R comme "Rencontres (synchrones) : elles concernent les plus actifs·ives
E comme "Échanges entre les rencontres" (asynchrones) : cette activité permet de ne pas oublier les moins actifs·ives (en particulier les « observateurs·rices » qui pour certain·e·s pourront un jour devenir actifs).
P comme "Partage", et plus précisément "Espace de partage" : ce n’est pas un simple flux qui passe dans le temps. Il permet de retrouver les éléments importants en fonction de la thématique plutôt que de celui du moment où ils ont été apportés. C’est un peu la mémoire du groupe.
I comme "Information". Elle concerne tout le monde (y compris ceux qui sont actuellement, en dehors de la communauté), mais comme c’est trop souvent la première (et parfois la seule) activité à laquelle on pense, je l’ai placée en dernier !
Selon Jean-Michel CORNU, il est essentiel de répartir le peu de temps dont vous disposez pour avoir même très imparfaitement ces quatre activités et votre groupe se développera de façon naturelle, sans rien oublier.
On oublie parfois qu-il y a des étapes importantes à consolider avant de travailler sur un projet commun et tout au long de la vie du collectif, surtout si celui-ci a vocation à être pérenne dans la durée.
Voici quelques questions à se poser pour vérifier que les bases de votre collectif / votre équipe/ votre réseau sont posées :
- L'Interconnaissance : les personnes impliquées dans le groupe/l'équipe/la structure se connaissent-elles ? Y a-t-il un endroit où les personnes (et non les structures) faisant partie du groupe sont identifiées ? Peuvent-elles se contacter ? Leur rôle est-il précisé ? La création de liens entre ces personnes est-elle favorisée ? Idées: Mettre en place un trombinoscope et ritualiser des moments conviviaux réguliers.
- La raison d'être partagée : l'utilité du groupe et donc les besoins auxquels il répond sont-ils partagés ? Idées : clarifier et questionner régulièrement la raison d'être, valider un socle de valeurs communs.
- L'attention à chacun·e : les attentes et besoins personnels de chacun·e sont-ils pris en compte ? Le groupe apporte t-il à tou·te·s un retour jugé satisfaisant par rapport à l'investissement personnel (monté en compétences, sentiment d'utilité, rencontres, réseau, gain de temps par ailleurs etc.) Idées : mettre en place des accords de groupe, ritualiser des moments pour expliciter et partager les besoins individuels, créer un lieu et/ou des moments d'échange de bonnes pratiques, de bons plans, d'entraide.
Ces 3 piliers que sont l'interconnaissance, la raison d'être partagée et l'attention à chacun·e par l'entraide et la réponse aux besoins individuels vont faciliter l'implication ainsi que la mise en place et l'animation du projet commun en lui-même.
C'est seulement ensuite que vient la phase du projet commun. Cette phase est la plus complexe car c'est ici que se joue :
- le choix et la priorisation des missions et des actions : quelles sont nos missions ? quelles actions souhaitons-nous mettre en oeuvre ? quel est le contexte ? à quelle finalité allons-nous réponde ? Idée : partager une vision collective de l'environnement interne et externe du projet (ex: tous dans le même bateau) partir des valeurs pour en définir les missions et les actions à mener (ex: mandala stratégique), prioriser les actions selon leur efficience (ex: matrice impact/effort)
- la gouvernance et le mode d'animation du projet : qui fait quoi ? qui décide de quoi ? jusqu'où souhaite t-on aller dans la coopération et l'agilité versus la planification et la répartition des tâches ?
Idée : avoir une connaissance et une compréhension collective des modes collaboratifs versus coopératifs, s'inspirer des méthodes agiles, valider collectivement et rendre visible le mode de fonctionnement, définir collectivement les niveaux de prises de décision.
- la définition des moyens,des méthodes et des outils : quel fonctionnement et quels outils mettre en place ? Comment les utilise t-on ?
Idée : Partir des usages et prioriser les besoins pour choisir ses outils numériques collaboratifs, commencer simple, expérimenter et faire évoluer, rendre plus ses réunion participatives, se former à l'animation de projets collectifs (Animacoop, Instant Z, UDN, Fertîles etc. )
- les moyens d'évaluation et d'évolution du projet: quand et comment évaluons-nous et faisons-nous évoluer nos actions et nos pratiques ? Quand célébrons nous et comment ?
Idée : ritualiser des temps de bilans et de célébration (ex: méthode des 3C, l'étoile du changement, feedback nourrisants)
Après la mise en œuvre du projet collectif, vos productions et vos réflexions, votre gouvernance et votre organisation, vos apprentissages et vos expériences peuvent certainement bénéficier à d'autres...
...la phase du rayonnement
Vous avez pu (ou auriez aimé) vous inspirer, utiliser et modifier des ressources et expériences existantes pour votre projet ? Vous pouvez maintenant contribuer à un savoir commun en rendant visible et utilisable/partageable/modifiable vos ressources. Car même si elles ne sont pas parfaites et même si elles vous semblent trop adaptées à votre contexte et votre groupe, vous n’êtes certainement pas les seul·e·s à avoir travailler sur ces problématiques. Idée : Pour que toute l'énergie mise dans votre projet soit utile et profitable au plus grand nombre et dans le temps, vous pouvez par exemple faciliter la compostabilité de votre projet et donc son appropriation, mettre vos productions sous licence créative commons, rendre visible vos process et ressources via votre gare centrale wiki ou au sein des réseaux auxquels votre groupe appartient ;)
Ces étapes ne sont pas linéaires mais doivent être vu comme une boucle, pour régulierement requestionner et prendre soin de chacune de ces phases. L'interconnaissance et le soin a chacun·e étant particulièrement transversales tout au long de la vie du groupe.